Dans les profondeurs boisées de la chefferie de Baswagha, en particulier dans le groupement Lughongo, les producteurs de planches tirent la sonnette d’alarme. La combinaison d’une pression fiscale croissante et d’un climat sécuritaire délétère entrave gravement leurs activités, mettant en péril un secteur vital pour l’économie locale.
Lors d’un entretien nous accordé ce lundi 25 août 2025 plusieurs producteurs de planches de la localité de Kimbulu ont témoigné de la dégradation continue de leurs conditions de travail.
« La production est devenue très difficile, presque impossible dans certains cas », explique un exploitant forestier rencontré sur place.
Les producteurs dénoncent un double système de taxation. D’un côté, les autorités étatiques locales imposent des frais d’exploitation jugés excessifs, et de l’autre, des groupes armés dits << Wazalendo >>, actifs dans la région, perçoivent eux aussi des paiements forcés pour permettre l’accès aux zones forestières.
Mais au-delà de la pression fiscale, c’est l’insécurité persistante dans le territoire de Lubero qui rend la situation encore plus critique.
La présence accrue de militaires des Forces Armées de la République Démocratique du Congo ( FARDC ) dans le cadre des opérations contre l’agression rwandaise n’a pas encore permis de rétablir une paix durable.
« Nous demandons simplement de la paix. Sans sécurité, il n’y a pas de travail possible », a martelé monsieur KASEREKA SIMÉON président de la corporation des machinistes producteur des planches en localité de Kimbulu, qui continue à déplorer le meurtre de l’un de leurs.
Face à cette crise multiforme, les acteurs de la filière bois dans la région de Lubero appellent à une intervention urgente des autorités à plusieurs niveaux : << la réduction et l’harmonisation des taxes, la neutralisation des groupes armés, et le renforcement de la sécurité dans les zones de production >>.
« Si rien n’est fait, ce secteur vital risque de disparaître », alerte sous anonymat, un responsable d’un petit regroupement de producteurs.
Cette crise survient pourtant à un moment où les agriculteurs de la région intensifient leurs efforts de reboisement dans le but de préserver la nature et restaurer les écosystèmes dégradés. Tandis que ces derniers plantent des arbres pour lutter contre la déforestation, les producteurs de planches affirment œuvrer de manière complémentaire, en pratiquant une exploitation raisonnée des ressources. Ces dynamiques positives sont freinées par l’insécurité croissante dans cette zone.
Notons que, la semaine écoulée l’un de producteur des planches avait été retrouvé mort avec de trace de balles sur son corps alorqu’il revenait de son boulot.
Mufazili Mutukufu, Journaliste Stagiaire à RFE1-NEWS