À Manguredjipa au chef-lieu de la collectivité des Bapere dans le Lubero au Nord-Kivu, la salle de réunion de l’École Primaire Kitumbiro a accueilli la séance de formation des enseignants des écoles primaires tenue ce vendredi 12 juin 2026.
Ces professionnels de la craie blanche ont été outillés sur le « Mode d’acquisition de l’héritage » dans le but de stopper les déshéritements de veuves et orphelins dans leurs communautés respectives.
Quatre points ont guidé les travaux à carrefour
- Qui sont les héritiers ?
Selon le Code de la famille, les héritiers prioritaires sont : le conjoint survivant , les enfants, même nés hors mariage. Si vous n’avez pas d’enfants, ce sont les parents du défunt. En dernier recours : frères et sœurs, les oncles, beaux-frères et cousins n’héritent pas si des enfants existent. Chasser la veuve = acte illégal. - Comment partager l’héritage ?
Règle simple expliquée aux enseignants :
Le conjoint survivant prend 1/4 de tous les biens + la maison conjugale + les meubles de la maison.
Les enfants se partagent les 3/4 restants à parts strictement égales. Fille = garçon. Aîné = cadet.
Qui prend quoi ? » Ces enseignants ont promis corriger les mauvaises pratiques coutumières. - Les principes successoraux :
Trois principes retenus :
- Principe d’égalité : Filles et garçons ont les mêmes droits depuis la loi de 1973.
- Principe de protection : La veuve et les orphelins sont protégés par la loi, même si la coutume les exclut.
- Principe de saisine : Les héritiers deviennent propriétaires dès le décès, mais doivent prouver avec le certificat d’hérédité.
- De l’exclusion à l’héritage
4. Le testament : L’arme contre les conflits
Point clé de la formation : <<Sans testament, c’est la loi qui décide. Avec testament, c’est le défunt qui décide avant de mourir ». Les enseignants ont appris que le testament peut être fait chez le bourgmestre avec témoins. Il évite les conflits de famille après décès. >> « Écrire, c’est protéger » a été le slogan de la journée. Notons que, cette activité a été organisée par Action concrète pour la protection de l’enfance ACOPE avec l’appui technique des animatrices de l’Union pour l’émancipation de la femme autochtone UEFA-RDC.
Les participants promettent d’aller vulgariser ces 4 points appris lors des prochaines réunions de parents.
Carine Mabanga